Les soins primaires pour la prévention des maladies chroniques

Résumé de la prestation dans le cadre de la série de présentations PARC avec conférencier

Le 2 novembre 2017, PARC a présenté en collaboration avec le Centre de ressources en nutrition (en anglais seulement) un webinaire sur le Programme de soins primaires pour la prévention du diabète de l’Ontario.

Ce webinaire a permis aux participants de se familiariser avec un programme de pratiques exemplaires, reconnu à l’échelle internationale, qui s’est à maintes reprises montré efficace dans la réduction des cas de diabète et de maladies chroniques et dans les résultats obtenus dans le cadre du projet de démonstration de l’Ontario visant à mettre à l’essai le programme avec des équipes de santé familiale à travers l’Ontario.

Des entraîneurs en matière de style de vie (lifestyle coaches) et des maîtres formateurs du Programme de soins primaires pour la prévention du diabète de l’Ontario, qui ont des connaissances et de l’expérience de première main dans l’exécution de ce programme depuis sa mise sur pied dans les sites des équipes de médecine familiale dans la province, ont également fait part de leurs récits et de considérations d’ordre pratique. Pour conclure le webinaire, le manuel de mise en œuvre (en anglais) fut présenté ; celui-ci est conçu pour aider les organismes dans la planification, la mise en œuvre, et l’évaluation de ce programme.

Une entrevue avec Sarah Pink et Diane Horrigan

1.    Quelles furent les modifications apportées au programme Group Lifestyle BalanceMD (GLB) pour l’adapter au contexte canadien/ontarien ?

Les soins primaires en Ontario mettent l’accent non seulement sur la prévention du diabète, mais aussi sur la prévention et la gestion de plusieurs maladies chroniques. C’est pour cette raison que plusieurs des sites en Ontario ont adapté leurs critères d’admissibilité afin d’inclure des personnes souffrant de différentes maladies chroniques. Cela a permis aux équipes de répartir leurs ressources pour une plus vaste population de patients qui pourraient améliorer leur santé en apportant des changements à leur mode de vie. Certains nouveaux critères permettent maintenant d’inclure les personnes souffrant d’hypertension artérielle, d’un niveau élevé de cholestérol/triglycérides, de facteurs de risque associés au style de vie (inactivité, mauvaise alimentation) ainsi que celles souhaitant apporter des changements à leur vie pour améliorer leur santé et qui sont motivées à le faire. Des maîtres formateurs ont également travaillé avec le Centre de soutien et de prévention du diabète de l’Université de Pittsburgh afin d’adapter le programme pour le mettre en œuvre avec des participants diabétiques.

Afin d’améliorer le taux de rétention après la conclusion du programme pilote initial, la décision fut prise qu’il serait mieux de faire la prestation du matériel ne faisant pas partie de l’information de base aux deux semaines. Cela a permis de réduire la durée du programme pour que certains sites aient des séances de suivi régulières avec leurs participants. 

Bien que très similaire, le programme GLB repose sur le guide alimentaire « My Plate » des États-Unis. Les sites de l’Ontario ont adapté le curriculum de ce programme pour inclure le Guide alimentaire canadien à l’enseignement. 

Afin de mieux intégrer l’approche axée sur la nourriture et de renforcer les habiletés enseignées dans le cadre du programme GLB, plusieurs sites ont incorporé des possibilités additionnelles d’enseignement pratique portant sur la nutrition et la nourriture (p. ex., planification de repas/cours de cuisine, démonstrations d’aliments, visites guidées d’épiceries).

Au Canada et en Ontario, nous avons pu constater un changement d’orientation dans les traitements. Par le passé, l’accent portait sur la perte de poids, tandis que maintenant l’accent porte sur des changements sains à apporter au style de vie, sans égard pour une perte de poids. Cette nouvelle orientation préconise l’établissement d’objectifs réalistes en matière de promotion de la santé, sans qu’il y ait nécessairement un objectif en matière de perte de poids. Pour ce faire, une des plus importantes modifications fut de ne pas insister sur le calcul des calories, comme il fut fait à l’origine dans le cadre de l’étude des résultats du programme de prévention du diabète. Certains sites dans la province ont complètement retiré cette section du programme, tandis que d’autres faisant partie de l’essai pilote l’ont utilisée comme outil plutôt que d’en faire le point principal du programme. Dans ce cas, les entraîneurs en matière de style de vie ont fait de moins en moins de calcul des calories avec les participants au fur et à mesure que progressait le programme et ils ont utilisé ce calcul pour mieux faire comprendre aux participants la valeur nutritionnelle de divers aliments, ainsi que les avantages et les inconvénients du calcul des calories.

2.    Quel conseil donneriez-vous à une personne qui souhaite lancer un Programme de soins primaires pour la prévention du diabète en Ontario ?

Renseignez-vous sur la possibilité d’utiliser le programme Group Lifestyle BalanceMD. Il s’agit d’un programme bien étoffé pour favoriser un changement de style de vie, il repose sur des données probantes et il est révisé périodiquement par une équipe de recherche pour assurer qu’il demeure à jour avec les données des plus récentes études portant sur le traitement et la prévention du diabète et du syndrome métabolique. 

Des choses que j’ai apprises en utilisant le programme GLB :

  • Vous ne pouvez pas enseigner un changement de style de vie et vous attendre à ce que les gens changent leur style de vie. Ils ont besoin d’un soutien continu, de commentaires positifs, et d’encore plus de commentaires positifs. Ceux qui ont ressenti un soutien par la gentillesse sont ceux qui ont effectué les plus importants changements dans leur style de vie.
  • Beaucoup de personnes tirent profit d’une atmosphère de groupe pour échanger des idées et pour comprendre qu’elles ne sont pas les seules qui effectuent des changements.
  • Un programme doit inclure des ressources, des outils et du soutien en matière de nutrition et d’activité physique.
  • La collaboration avec les membres de l’équipe et les membres de la communauté pour aider à faire passer le message. Je me rappelle une fois d’avoir entendu dire qu’une personne doit entendre quelque chose plusieurs fois de plusieurs personnes afin de croire vraiment à un changement et de l’adopter avec enthousiasme. La collaboration permet de répartir la charge de travail au sein de votre équipe et de votre communauté et elle aide les participants à s’épanouir !
  • Visez la simplicité. Le programme GLB enseigne plusieurs choses tout en gardant des messages simples et concrets et il permet aux participants de les exprimer dans leurs propres mots. Je crois que cela est une des grandes raisons de sa réussite.

3.    Quelles sont les trois principales choses que vous aimeriez que les gens qui ont regardé le webinaire en retiennent ?

I.    Qu’ils aient une meilleure compréhension du programme GLB et de ses bienfaits pour la gestion des maladies chroniques.
 

II.    Qu’il s’agit d’un programme clé en main et qu’il est adaptable pour différentes populations de patients et différents milieux.
 

III.    Qu’ils sachent qu’il existe une communauté en Ontario et au Centre de soutien et de prévention du diabète de l’Université de Pittsburgh pour orienter et appuyer la mise en œuvre et l’ensemble de la démarche relative à l’utilisation du programme GLB.

4.    Comment souhaiteriez-vous que ceux qui ont regardé le webinaire utilisent l’information présentée dans six mois ?

  • Passez en revue le manuel de mise en œuvre.
  • Contactez un maître formateur ou un site du Programme de soins primaires pour la prévention du diabète qui utilise actuellement le programme GLB pour en apprendre davantage.
  • Inscrivez-vous pour une formation. 
  • Proposez ou commencez à utiliser ce programme clé en main dans votre milieu ou trouvez des façons de l’adapter pour l’optimiser pour vous et vos patients.

Veuillez nous transmettre vos commentaires ou vos questions sur Twitter @PARCOntario en utilisant le mot-clic #PARCBlog et @NutritionRC.

Pour regarder la vidéo du webinaire (en anglais), rendez-vous à : parc.ophea.net/professionallearning.