La promotion de l’activité physique en Ontario (2e partie) : les contributions et le legs de l’Ontario

Dans le troisième de cette série de billets, nous nous pencherons sur la contribution et l’engagement de l’Ontario dans les efforts faits pour la promotion de l’activité physique à l’échelle nationale et internationale, et sur le legs laissé pour les générations futures.

Comme nous l’avons écrit dans le premier billet de cette série, l’Ontario possède une riche tradition en matière de promotion de l’activité physique et a grandement contribué à la promotion de l’activité physique au Canada et à l’échelle internationale. L’Ontario, comme toutes les provinces et tous les territoires, a tiré profit et été influencé par de nombreux efforts et évènements d’envergure nationale et internationale au fil des années. Une relecture rapide des deux premiers billets de cette série — La promotion de l’activité physique en Ontario et La promotion de l’activité physique en Ontario (2e partie) : la contribution des ONG dans la promotion de l’activité physique en Ontario est un bon point de départ pour passer en revue les contributions passées du gouvernement de l’Ontario et des ONG (organisations non gouvernementales).

Alors que nous réfléchissons aux contributions et au legs de l’Ontario, plusieurs initiatives particulières qui, au fil du temps, ont eu un impact sur les Ontariens, les Canadiens, et sur nos collègues d’autres pays et qui ont façonné la promotion de l’activité physique au Canada et à travers le monde, ressortent de façon plus importante.

Éduquer la planète

Se réunissant à nouveau avec les comités de coordination de l’International Conference on Exercise, Fitness and Health de 1988 [Congrès international sur l’exercice, la condition physique et la santé] et de l’International Conference on Exercise, Fitness and Health de 1992, le gouvernement ontarien a fourni du soutien à Santé Canada et, dans une instance, au Centers for Disease Control and Prevention aux États-Unis, tout en assumant un rôle de premier plan, pour organiser et accueillir plusieurs conférences qui ont rassemblé des délégués canadiens et internationaux pour échanger sur des pratiques exemplaires et des recherches. La première de ces conférences, Communicating Physical Activity and Health Messages: Science Into Practice (La communication des messages en matière d’activité physique et de santé : la science en action) a eu lieu en 2001 à Whistler en Colombie-Britannique. Il s’agissait d’une période intéressante, car la conférence devait avoir lieu à l’origine en septembre 2001 suivant un rassemblement de chercheurs à Hockley Valley en Ontario dont la discussion portait sur les données probantes relatives à la relation dose-effet entre l’activité physique et les maladies chroniques (les effets de l’activité physique sur les maladies chroniques). La conférence devait avoir lieu tout de suite après cet évènement. Cependant, vu les évènements du 11 septembre 2001, la conférence fut remise en raison des inquiétudes relatives au transport aérien. La conférence fut reportée en décembre et de nombreux délégués de partout à travers le monde y ont assisté. Les délégués y ont discuté de leurs apprentissages sur la science et de la façon dont les messages étaient élaborés et disséminés à l’échelle locale, provinciale (ou des états), nationale, et internationale.

En 2007, la Conférence internationale sur l’activité physique et l’obésité chez les enfantsfut tenue à Toronto ; celle-ci portait sur l’activité physique comme moyen d’intervention afin de réduire l’obésité et maintenir un poids santé chez les enfants. La dernière conférence, soit la troisième Conférence internationale sur l’activité physique et la santé publique, a eu lieu en 2010. PARC a joué un rôle majeur lors de cette conférence en organisant une séance de perfectionnement professionnel et de réseautage pour les parties prenantes d’à travers le monde ; c’est lors de cette conférence que fut dévoilée la Charte de Toronto pour l’activité physique — un appel mondial à l’action was released.

La Charte de Toronto et son legs

Des chercheurs du pays et d’ailleurs dans le monde (avec un engagement initial du gouvernement de l’Ontario d’octroyer des ressources financières et humaines suivi d’un soutien additionnel de la Fondation Trillium de l’Ontario, du gouvernement fédéral et de sociétés commanditaires) ont rédigé ce document de consensus énonçant les fondements en matière de politiques publiques devant être mis en place afin que l’activité physique puisse avoir un impact sur la santé de la population. Plus de 1 700 personnes des quatre coins de la planète ont examiné et passé en revue le document. Il fut approuvé par David Butler-Jones, l’administrateur en chef de la santé publique à l’époque, et par 1 000 délégués lors de la dernière séance de la Conférence internationale sur l’activité physique et la santé publique. Des membres du comité qui avait rédigé la Charte de Toronto ont ensuite rédigé le document Prévention des maladies non transmissibles — Investir dans la promotion de l’activité physique, ça rapporte ! Un complément à la Charte de l’Ontario pour l’activité physique — un appel mondial à l’action. Les deux documents ont été utilisés pour l’élaboration de différentes stratégies en matière d’activité physique, y compris Canada Actif 20/20 — Une stratégie de plan de changement pour accroître l’activité physique au Canada (section suivante).

Canada Actif 20/20 – Une stratégie de plan de changement pour accroître l’activité physique au Canada

En février 2010, les groupes consultatifs de ParticipACTION, composés d’organismes locaux, provinciaux, et nationaux, ont élaboré une politique/stratégie nationale en matière de promotion de l’activité physique pour faire suite à la publication de la Charte de Toronto et de son premier domaine d’action : « Implanter une politique nationale avec son plan d’action ».1 ParticipACTION a pris les rênes, formant un comité directeur, menant un sondage national en ligne, et des consultations à travers le Canada qui ont permis de recueillir la rétroaction de 1 700 personnes représentant chaque province et territoire. PARC a organisé la consultation en Ontario qui a réuni plus de 60 organismes d’à travers la province, et qui représentait plusieurs secteurs. Le fruit de ces efforts fut Canada Actif 20/20 - Une stratégie de plan de changement pour accroître l’activité physique au Canada2, un document qui a été utilisé par plusieurs provinces et territoires pour l’élaboration de leur stratégie favorisant l’activité physique, dont notamment celle du gouvernement de la Colombie-Britannique Active People Active Places. British Columbia Physical Activity Strategy 2015 (Des gens actifs, des endroits actifs) ainsi que le document Sur la voie du bien-être : Cadre stratégique 2015 pour le loisir au Canada3 et la Politique canadienne du sport4 (section suivante) ; celui-ci sert de document de référence pour l’élaboration du cadre stratégique pancanadien sur l’activité physique, qui était en voie d’élaboration au moment de la rédaction de ce billet.

Sur la voie du bien-être : Cadre stratégique 2015 pour le loisir au Canada

Bien que l’élaboration du cadre stratégique pour le loisir au Canada fut bel et bien un effort pancanadien, le gouvernement de l’Ontario a joué un rôle de premier plan dans son élaboration en coprésidant un comité avec l’Association canadienne des parcs et loisirs (ACLP) et le Comité fédéral-provincial-territorial afin d’en orienter l’élaboration. Depuis longtemps, l’Ontario est un chef de file du mouvement en matière de loisirs au Canada. Les principaux auteurs de la Déclaration nationale sur les loisirs de 1987 (en collaboration avec le Conseil interprovincial du sport et de loisirs) étaient M. Bob Secord, sous-ministre adjoint, et M. Ray Wittenberg, directeur des services de loisirs du ministère ontarien responsable des sports et des loisirs à l’époque.

L’Ontario tire profit de ces politiques et de ces cadres stratégiques

Ontario a tiré profit des stratégies et des cadres stratégiques mentionnés ci-dessus. Les gouvernements des divers paliers ont tiré profit des données probantes qui ont servi de fondement à l’élaboration des politiques publiques en matière de sport, d’activité physique et de loisirs.

L’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (ICRCP) procure au gouvernement fédéral et aux gouvernements provinciaux/territoriaux des données au sujet des niveaux d’activité physique à l’échelle provinciale et nationale. L’ICRCP :

  • surveille les changements qui se manifestent relativement à l’activité physique et à l’état de santé de la population canadienne par l’intermédiaire du Programme de surveillance de l’activité physique et du sport ;
  • fournit aux gouvernements les renseignements nécessaires à l’élaboration des politiques et des objectifs en vue d’accroître les taux d’activité physique et la participation aux sports dans la population, et à la détermination des priorités d’investissement des ressources publiques ;
  • conscientise les gens aux bienfaits d’une vie active ; synthétise et interprète les résultats des recherches et transmet les connaissances ;
  • établit les priorités de la recherche et recommande des stratégies visant à faire accroître les taux d’activité physique.5

La Fondation Trillium de l’Ontario (FTO) est un autre organisme qui a influencé la promotion de l’activité physique en Ontario. Comme il le fut mentionné dans la deuxième partie de notre série de billets sur la promotion de l’activité physique en Ontario, la FTO est une des fondations subventionnaires les plus importantes au Canada. Avec un budget de plus de 136 millions $, elle octroie chaque année des subventions à quelque 1 000 projets.6 Avant sa création, il y a 30 ans, l’Ontario octroyait du financement aux arts et aux sports par l’entremise de sa loterie Wintario. Ces fonds soutenaient des projets d’immobilisation et autres (p. ex., bâtiments, programmes, équipement) pour favoriser les initiatives de sports et d’activité physique. En réponse au nombre croissant d’engagements de l’Ontario envers d’autres services nécessitant du financement, la FTO fut établie en tant qu’organisme du gouvernement de l’Ontario comme moyen de continuer à financer l’activité physique, les loisirs et le sport en Ontario.

Pour terminer, nous examinons des évènements d’envergure internationale qui ont eu lieu et qui auront lieu en Ontario, notamment les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015, Ontario 150 (2017), Canada 150 (2017), the Jeux autochtones de l’Amérique du Nord de 2017 (2017) et les Jeux Invictus (2017). Nous sommes choyés de pouvoir jouir des bienfaits à long terme de ces initiatives sous forme d’infrastructures sociales et bâties favorisant l’activité physique, d’un renforcement des capacités du personnel des sports et des loisirs et de programmes en cours. Par exemple, puisque les Jeux panaméricains ont eu lieu à Toronto et dans des villes avoisinantes, le programme d’engagement des jeunes « Transmission de patrimoine de TO2015 » leur a enseigné comment tisser des liens dans la communauté grâce au sport et à la culture. Des programmes visant à encourager les enfants et les jeunes à en apprendre davantage sur les sports et l’activité physique et à prendre part à ce genre d’activités, y compris la ressource d’Ophea RécréAgir, furent créés et mis sur pied avec l’aide d’écoles et de groupes communautaires, afin d’inspirer et de motiver les enfants et les jeunes à être physiquement actifs à l’approche des Jeux et après leur tenue. Une commission de financement fut créée dans le but de stimuler la création d’œuvres artistiques nouvelles et novatrices, de même que des projets artistiques patrimoniaux liés aux Jeux panaméricains et parapanaméricains de TORONTO 2015. Parmi les sites laissés en héritage, on note le village des athlètes qui est en voie d’être transformé en un quartier à usages mixtes avec des logements abordables, de nouveaux condominiums, un YMCA et des résidences pour les étudiants du Collège George Brown, et des installations de la région du Grand Toronto qui furent rénovées (Etobicoke Olympium) ou bâties (le Centre sportif panaméricain de Toronto au Collège Scarborough de l’Université de Toronto, abritant deux piscines de dimension olympique et un bassin pour le plongeon). Les Jeux Invictus offriront aussi des programmes culturels et des programmes à l’intention des jeunes dans le but de susciter l’engagement des Canadiens d’un bout à l’autre du pays. Ontario 150 et Canada 150 proposent divers programmes et évènements en matière de sport, d’activité physique et de loisirs auxquels les Ontariens et les Canadiens pourront prendre part tout au cours de l’année et à l’avenir.

L’Ontario, avec sa grande population, ses vastes étendues et sa géographie variée, a aussi la responsabilité de soutenir certaines des plus grandes villes au Canada ainsi qu’une grande population en région éloignée. Cependant, la province possède également de nombreux atouts, dont une forte communauté d’ONG engagées à promouvoir l’activité physique (à l’échelle provinciale et nationale), un système de santé publique qui fait la promotion de l’activité physique, un secteur de la recherche dynamique, une population diversifiée sur le plan culturel, et un engagement envers la collaboration multisectorielle depuis le début des années 90 comprenant des partenaires « non traditionnels » engagés à promouvoir l’activité physique. La prochaine priorité de la province devrait être de réunir ces atouts dans le but que l’activité physique devienne une norme culturelle en Ontario.

Remerciements

Ce billet, tout comme les autres de cette série, repose sur des données probantes, l’expérience personnelle de l’auteur ainsi que sur la vaste expérience du Dr Art Salmon et sa contribution apportée au secteur.


1Global Advocacy Council for Physical Activity, International Society for Physical Activity and Health. La Charte de Toronto pour l’activité physique : un appel mondial à l’action. (2010). URL : http://www.sports.gouv.fr/IMG/pdf/charte_de_toronto_pour_l_activite_physique.pdf

2Canada Actif 20/20. (2012). Canada Actif 20/20 - Une stratégie de plan de changement pour accroître l’activité physique au Canada. URL : https://sites.google.com/a/activecanada2020.ca/active-canada-20-20-home/.

3Association canadienne des parcs et loisirs/Conseil interprovincial du sport et des loisirs. 2015. « Sur la voie du bien-être – Cadre stratégique 2015 pour le loisir au Canada ». URL : http://www.cpra.ca/UserFiles/File/FR/Framework%20For%20Recreation%20In%20Canada_FR_2016%20w%20citation.pdf

4Centre de documentation pour le sport (SIRC – Sport Information Resource Centre). 2012. Politique canadienne du sport. URL : https://sirc.ca/sites/default/files/content/docs/pdf/csp2012_fr_lr.pdf

5Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie. Qui nous sommes. http://www.cflri.ca/who-we-are

6Fondation Trillium de l’Ontario. À propos de nous. http://www.otf.ca/fr/%C3%A0-propos-de-nous